Philippe Couillard

Politique et politesse

(En réaction au texte  «C'est moi que vous verrez aux infos» de Jean-François Mercure)
C'est avec tristesse que j'ai lu la lettre d'un enseignant du primaire qui informe le premier ministre qu'il sera du côté du peuple pour manifester son désaccord avec les mesures d'équilibre budgétaire qu'il impose au réseau de l'éducation. Ce n'est pas tant son propos qui me désole que le langage dans lequel il s'exprime.
Comment peut-on demander aux élèves un langage respectueux qui bannit l'intimidation, éduquer au respect de l'autre, quand l'éducateur lui-même, dans un article publié dans un journal sérieux, use d'un langage ordurier et scatologique. M. Mercure utilise en effet à répétition des expressions «Va chier Couillard», «Allez aux toilettes Monsieur Couillard», «J'en ai rien (sic) à câlicer (...) des asti de conneries du genre».  On peut s'indigner des mesures du gouvernement, argumenter et réfuter des conceptions  différentes de son idée personnelle du bien commun, appeler à manifester dans la rue, mais je n'accepterai jamais qu'on le fasse dans une langue de caniveau où l'invective le dispute à la grossièreté...  Vous dites vous ranger du côté de la vérité et parler au nom du peuple... Heureux élu êtes-vous! Je n'ai pas ce privilège, mais je sais la puissance de l'exemple dans l'édification de la citoyenneté. Sa malfaisance aussi.
Vous signez «maître en sciences de l'éducation».  Commencez par vous maîtriser vous-même, maître, et méditer Joubert qui écrivait: «L'éducation se compose de ce qu'il faut dire et de ce qu'il faut taire».
Romain Gagné, Québec