Planter des maisons...

(En réaction au point de vue «Visa le noir, tua le blanc», paru le 3 janvier 2016) J'ai de la difficulté à adhérer à la thèse que «pour protéger la couronne de Montréal, on a appliqué une médecine "de cheval" à tout le Québec [Loi sur la protection du territoire agricole au Québec] et on a réduit la capacité des régions à se développer».
J'ai habité dans la région du Bas-Saint-Laurent pendant près d'une vingtaine d'années, où l'agriculture et la forêt sont les seules activités économiques permettant le maintien des petites collectivités rurales. Affirmer que la protection des territoires agroforestiers est un frein au développement du milieu rural, c'est mal connaître la ruralité. Il ne faut pas oublier que les politiques et les programmes économiques qui ont été mis de l'avant par nos gouvernements depuis plusieurs décennies ont fait en sorte que l'on a cantonné le développement économique des régions dans un modèle basé presque uniquement sur l'exploitation des ressources. D'ailleurs, ces régions ne sont-elles pas appelées «régions-ressources»? L'agriculture et la forêt sont les seuls remparts à la fermeture des petits villages. Non seulement il faut protéger ces activités, mais il faut davantage d'appuis.
Je suis d'opinion que la sécurité alimentaire des Québécois passe par la protection du territoire agricole. Planter des maisons ne nourrit pas une population. N'en déplaise aux spéculateurs.
Jean Tremblay, sociologue, Québec (secteur Charlesbourg)