Pipeline en eaux troubles

Privé des études environnementales de TransCanada, que ce dernier refuse toujours de présenter, le BAPE navigue à vue, et ce, malgré les questions pertinentes des commissaires. Pour les représentants de la compagnie albertaine, c'est un passage obligé, avant la traversée plus périlleuse vers le voyage ultime devant l'Office national de l'énergie (ONE).
Pour certains, les dés sont pipés, puisqu'ils affirment que dans les coulisses gouvernementales, la mer sera trop calme pour le projet Énergie Est. À la sortie de l'exercice, le gouvernement fédéral donnerait son accord, malgré les dangers potentiels de déversements et les conséquences désastreuses pour l'environnement. Pour eux, comme le Canada est un tout, chacune des parties doit s'harmoniser à l'ensemble; c'est le déterminisme canadien. D'ailleurs, on ne s'attend pas à beaucoup de vagues de la part du gouvernement Couillard, mis à part quelques frémissements de surface, pour sauver la face.
Tout cela ne tient pas compte du raz de marée en provenance de la société civile qui s'oppose majoritairement au projet. Mais que faire devant  le tsunami des intérêts pétroliers de l'Ouest qui déferle sur le Québec? Les gouvernements devraient défendre le bien commun au détriment des intérêts particuliers.  À leurs yeux, les profits des pollueurs de l'Ouest seraient-ils plus importants que la préservation de notre eau potable? Si oui, le bon sens prend le large, laissant les riverains en eaux troubles.
Marcel Perron, Neuville