Pied de nez mesquin

Le jeudi 11 mai, le député de René-Lévesque, avec l'appui de la CAQ, a présenté une motion pour que flotte le drapeau des Patriotes aux mâts du Parlement et des mairies du Québec, pour la fête nationale des Patriotes, le 22 mai. Or, le gouvernement a refusé d'appuyer cette motion visant à signaler la journée chômée de la fête nationale des Patriotes.
Pourquoi ce pied de nez à des parlementaires du XIXe siècle qui ont tant lutté pour la liberté et la démocratie? Sait-on qu'un député sur trois fut emprisonné pour avoir participé à ce combat, que d'autres furent même pendus ou leur tête, mise à prix? En refusant une demande qui relève du devoir de mémoire, le gouvernement ignore-t-il aussi que tous les partis politiques d'aujourd'hui sont issus du Mouvement patriotique? 
Comme le rappelait Claude Ryan, qui leur rendait hommage, le 29 novembre 1989 à l'Assemblée nationale : «Certains peuvent s'approprier [les Patriotes] pour justifier le mouvement souverainiste d'aujourd'hui; d'autres peuvent se les approprier pour justifier l'option fédéraliste. Je ne pense pas qu'on ait le droit de se les approprier en exclusivité. Ils appartiennent à l'histoire avec tout ce qu'ils ont été, aussi avec ce qu'ils ont dit et ce qu'ils n'ont pas dit.» 
Ce refus d'arborer leur drapeau au parlement et dans les mairies relève d'un mesquin calcul partisan qui déshonore la démocratie québécoise.
André Gaulin, Québec
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Revenu de citoyenneté
Obligée de quitter son emploi pour s'occuper à temps plein de son fils qui, passé la majorité, se retrouve sur le BS. Il leur suffirait d'un revenu de citoyenneté au-dessus du seuil de pauvreté pour apporter une solution immédiate à une situation invivable. Illustration supplémentaire de l'intérêt d'une telle politique universelle pour dépasser les imbroglios infinis que la bureaucratie tentaculaire et aveugle de l'État-providence ne sait plus gérer.
Il y aurait quelque 240 programmes plus ou moins adaptés d'aide aux handicapés et aucun ne semble répondre adéquatement à de telles impasses infernales multiples. 
Le pire est que la solution étatique d'un placement dans un centre adapté équivaut à une condamnation à mort pour le fils, solution odieuse contre la volonté des requérants et une surcharge de dépenses aux contribuables.
L'absurde, puissance deux.
Alain Massot, Québec
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Musées mal vendus
Selon le ministère de la Culture, le désir sérieux de fermer le Musée de la Place-Royale et la Maison Jean-Baptiste-Chevalier deviendra fort probablement réalité. Pourtant ces deux établissements, riches d'une histoire qui témoigne des premiers jours de Québec, au coeur de l'action, jouissent d'un emplacement touristique très enviable et incontournable. 
Que l'on ne vienne pas me faire croire que la clientèle est absente ou insuffisante. Les autobus de touristes y arrivent en grand nombre et le débit de visiteurs est très élevé. Où est donc le problème? Selon moi, les touristes, dirigés par leur guide, passent en coup de vent. Ils sont pressés de tout voir en très peu de temps, appelons ça une visite volante, cela les empêche de visiter en profondeur. Bref, le client potentiel passe devant la porte, mais n'y entre pas.
Par ailleurs, le Musée de la Place-Royale doit une fière chandelle aux groupes scolaires qui contribuent à garnir un peu les goussets. En conclusion, le plan de marketing pour soutenir ces deux établissements mal vendus, le Musée de la Place-Royale et la Maison Jean-Baptiste-Chevalier, est visiblement anémique et défaillant. Vivement des idées nouvelles pour insuffler enfin un succès digne de ce nom. 
Michel Beaumont, Québec