Pénalisée pour ses économies

J'accompagne une personne paraplégique depuis une vingtaine d'années. Elle reçoit de la Solidarité sociale. Elle vit seule dans un petit appartement avec les services de base. Elle est heureuse de vivre une certaine autonomie.
Ses parents lui ont enseigné l'économie : il faut avoir un petit «coussin» pour parer aux imprévus. Avec le montant de la Solidarité sociale, qu'elle gère avec beaucoup de parcimonie, elle a réussi à faire des économies. Mais voilà que les fonctionnaires ont vu que son compte dépassait 2500 $ ! On lui apprend par téléphone qu'elle ne recevra plus de Solidarité tant que son «coussin» ne sera pas dépensé.
Dommage qu'elle ait si bien su gérer l'argent que le gouvernement lui a donné! Elle aurait tellement pu se payer plus de confort... On la punit pour avoir bien su gérer son budget. Voilà un bel incitatif à dépenser... Rien ne sert de discuter : les règles sont rigides pour les petits. Pourtant des millions sont engloutis dans des paradis fiscaux... Qu'en pensez-vous, M. le ministre? 
Céline Savard, Québec