Péladeau, comme Duceppe?

En prévision de la campagne électorale de 2015, Gilles Duceppe avait de bonne grâce accepté de reprendre du service pour aider le Bloc québécois à reprendre du poil de la bête. S’il ne l’avait pas fait, le Bloc aurait peut-être réussi à ne faire élire que cinq députés au lieu de 10.

Aujourd’hui, Pierre Karl Péladeau est en quelque sorte pour le Parti québécois (PQ) ce que Duceppe a été pour le Bloc en 2015. Il a quelques mois devant lui pour évaluer la situation. S’il voit que son parti a une chance de prendre le pouvoir en octobre, il pourra toujours attendre 2022 (soit l’élection et le mandat menant en principe au référendum) pour faire le grand saut. Dans le cas contraire, je l’invite à se présenter dans une circonscription et à faire campagne pour donner un coup de pouce salutaire à son parti.

Nous savons que la Coalition avenir Québec (CAQ) mène allègrement dans les sondages, notamment dans la région de Québec, avec 53 % des voix. Elle pourrait faire élire, dit-on, jusqu’à 80 députés, soit une écrasante majorité. Or, nous savons aussi que l’homme d’affaires à succès PKP est particulièrement apprécié par une bonne partie de l’électorat caquiste. En clair, s’il se présentait, il pourrait subtiliser des milliers de voix à la formation de François Legault au bénéfice de celle de Jean-François Lisée (M. Legault doit d’ailleurs redouter cette éventualité comme la peste).

Le cas échéant, je conseille à PKP de choisir une circonscription qui ne sera pas aisée à enlever, comme Taschereau à Québec, la circonscription d’Agnès Maltais, qui ne se représentera pas. Pourquoi? Si sa candidature ne soulève pas les passions attendues, le PQ sera battu et lui aussi, vraisemblablement (comme ce fut le cas pour Duceppe). Il pourra alors retourner à ses affaires, finir d’élever ses enfants et attendre 2022. Si le contraire se produit, le PQ prendra le pouvoir et lui sa circonscription. Son retour aura été providentiel et la «République» lui en sera reconnaissante.

Sylvio Le Blanc, Montréal