Pauvre Betty...

Ce n’est pourtant pas d’hier que tu te dis touchée par les chants d’esclaves et que tu contribues à les faire découvrir au public pour rappeler un pan douloureux de l’histoire. On dit que tu te sens dépassée à la suite de l’annulation du spectacle SLAV annoncée par le Festival de jazz de Montréal.

On reproche au spectacle d’être dirigé par un homme blanc (Robert Lepage) et qu’une chanteuse blanche (Betty Bonifassi) y interprète des chansons composées par des esclaves afro-américains.

Une chanteuse blanche, aussi sincère soit-elle, ne devrait pas profiter de l’histoire, de la culture et de la souffrance des Noirs, sous peine d’être coupable sans discussion ni procès d’appropriation raciste de la culture noire.

Voilà ou nous en sommes en l’année 2018...

Chère Betty,

Au fond, dans toute cette histoire, ce sont les vrais racistes qui gagnent... Ils te diront qu’il ne sert à rien de ressasser les vieilles histoires du passé, d’accueillir les migrants et de mélanger les races...

Comme je te comprends de te sentir dépassée...

Jacques Nicole, Québec