Transports Canada impose désormais au traversier qui relie L'Isle-aux-Coudres à Saint-Joseph-de-la-Rive de faire trois allers-retours avec beaucoup moins de passagers, lorsqu'il y a transport de matières considérées comme dangereuses.

Patrimoine en péril

J'ai eu le bonheur, au cours de l'été, de séjourner pendant deux semaines dans la belle région de Charlevoix. J'ai pu admirer les montagnes verdoyantes, L'Isle-aux-Coudres, Baie-Saint-Paul, La Malbaie, le Monastère de la Croix glorieuse, des villages où de charmantes habitations embellissent le paysage; j'ai observé les colonies d'oiseaux marins qui fréquentent les rives du Saint-Laurent, ce fleuve majestueux qui ouvre le regard sur de vastes horizons et offre sans cesse un spectacle nouveau au gré des marées;  grandiose plan d'eau, patrimoine précieux dont les Québécois ont le devoir d'être les  gardiens.
Ce patrimoine est en péril. Car des adeptes du profit à court terme veulent y faire voyager des superpétroliers chargés de pétrole empoisonné, y immerger en plus un pipeline qui véhiculerait avec lui maintes possibilités de déversements néfastes. Des risques qui s'ajouteraient à la dégradation de centaines de plans d'eau que l'éventuel pipeline devra traverser, si on laisse faire les aventuriers du pétrole. 
Le danger que représentent des pétroliers provenant de pays producteurs de pétrole non empoisonné est déjà suffisant. Ce serait suicidaire d'y ajouter celui, encore plus menaçant, du pétrole empoisonné venant de l'Ouest. Et cela à un moment où des centaines de scientifiques renommés affirment qu'il est urgent de mettre fin, progressivement, à l'ère du pétrole. C'est donc moins que jamais le temps de céder à la tentation de l'or noir et de mettre ainsi en péril ce précieux patrimoine qu'est le grand fleuve Saint-Laurent. Le devoir de résistance s'impose.   
Louis O'Neill, Québec