Pas tous les mêmes

En réaction au texte paru le 14 juillet «Masques obligatoires : le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein?» du journaliste Jean-François Cliche.

En disant soit «parce qu’au contraire ils ne s’en soucient guère [de la COVID-19], voire contestent son existence, et refusent catégoriquement le port du masque», vous caricaturez, monsieur. Ces propos me mettent en colère. 

Je me suis pliée à toutes les contraintes jusqu’ici de bonne grâce, je crois au virus, j’accepte de porter le masque dans les transports en commun, les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées et dans tous les espaces publics où il n’est pas possible de garder une distance. Comme vous le dites, le nombre de cas est très bas. 

J’ai fait mon épicerie et suis allée dans différents commerces sans masque au plus fort de la pandémie et même cette semaine en respectant les consignes, et ça marche très bien. Les chiffres n’ont pas monté pour autant mais descendu. 

Cette mesure est la goutte qui fait déborder le vase. C’est de la vraie paranoïa. Ça a un effet destructeur sur le moral et c’est très lourd pour les commerces. Ça enlève le plaisir d’aller bouquiner, d’aller magasiner, etc. J’ai l’impression d’être en guerre sous un régime totalitaire. 

En fait, pour ma part, je vais boycotter tous les commerces sauf essentiels (et le mouvement se répand).

La rogne des commerçants devrait aider à remettre les choses en perspective. C’est plus qu’un léger désagrément, ça enlève le plaisir qu’on avait retrouvé de pouvoir reprendre des activités et de voir un peu les gens. Et ce sera quoi le critère pour l’enlever, qu’on revienne à 0 et pas de morts de l’influenza non plus? 

C’est de la folie. Ça plombe le moral et s’il y a des manifestations, j’y serai et je crierai bien fort. Cessez de nous mettre tous dans le même moule. Il y a beaucoup de gens sensés, raisonnables et coopératifs jusqu’ici qui en ont ras-le-bol.

Linda Lapointe
Québec

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LA DÉCONFITURE DU BIEN PUBLIC

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a été questionné récemment au sujet de l’investissement de 30 M$ par le Québec dans l’entreprise Les Dirigeables Flying Whales Québec inc. dans le contexte où le gouvernement fédéral n’a pas encore donné son autorisation d’exploitation à cette compagnie. Ce gouvernement s’interroge au sujet des possibilités que ce projet de recherche sur les dirigeables soit exposé au vol de propriété intellectuelle par la Chine notamment. Le ministre a compris qu’il y a un certain risque à ce sujet et qu’il est nécessaire de regarder tout le côté de l’espionnage industriel. C’est pourquoi, avant d’autoriser l’investissement de 30 M$, il dit s’être assuré qu’il avait écarté tout risque que les Chinois récupèrent les technologies québécoises par le fait qu’il n’y avait pas d’actionnaire chinois dans cette compagnie. Toutefois, s’il avait poussé davantage sa recherche d’informations il aurait pu se questionner sur la présence de deux administrateurs de la compagnie dont les noms, Mingxuan Xu et Tien Tai Lè, ont une consonance fortement chinoise. Il y a peut-être péril en la demeure de sorte que la candeur et l’indolence peuvent conduire à la déconfiture du bien public.

Jean-Marie Desgagné
Québec