Pas grave, la SAAQ paye

Nous apprenions ces jours-ci que la Cour d’appel du Québec a ordonné à la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) d’indemniser deux citoyens qui, dans des situations distinctes, se sont blessés en déneigeant leur voiture sur un stationnement privé.

La Cour a considéré que l’action de déneiger son auto constitue un prolongement de la conduite d’un véhicule sur la voie publique. Et la SAAQ a décidé de ne pas contester ce jugement. Elle va donc verser à ces deux citoyens une indemnité à même les sommes que tous les automobilistes paient en assurance et en permis. Il semble que les juges, qui vivent au-dessus des préoccupations des citoyens ordinaires, sont peu sensibles à la dilapidation des fonds publics par des citoyens peu scrupuleux et leurs avocats rusés.

Quel sera le prochain épisode de cette saga? Verrons-nous la Cour indemniser un citoyen qui, tenant la clé de démarrage de son véhicule en vue de l’utiliser, se sera blessé en déboulant l’escalier extérieur de sa résidence? Ceci sera-t-il vu comme un prolongement de l’utilisation du réseau routier?

La SAAQ a peut-être raison de ne pas s’engager dans une contestation juridique qui serait plus coûteuse que les indemnités à payer. Elle devrait cependant, de toute urgence, rendre ses règlements plus étanches pour éviter d’augmenter le fardeau financier supporté par l’ensemble des automobilistes honnêtes.

Philippe Barrette, Québec

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La gratuité justifiée

Je voudrais commenter l’opinion de Percy Downe, sénateur de Charlottetown, dans la section Point de vue du Soleil du lundi 30 juillet. Il trouve incohérent que le nouveau pont Champlain sera non payant alors que celui de la Confédération qui relie le Nouveau-Brunswick à l’Île-du-Prince-Édouard et le nouveau pont Gordie-Howe qui relie Windsor à Détroit sont payants.

M. Downe oublie une chose importante : le nouveau pont Champlain remplacera l’ancien qui n’est pas payant depuis son origine, tandis que celui de la Confédération et le pont Gordie-Howe ont été mis en place comme de nouveaux ponts (un premier dans le cas de celui de l’Île-du-Prince-Édouard et un pont additionnel à l’existant dans le cas de Windsor-Détroit). Faire du nouveau pont Champlain un pont payant serait changer les règles du jeu en cours de route. Si le pont Champlain existant doit être remplacé par un nouveau, c’est essentiellement parce que le gouvernement fédéral qui en a la responsabilité a négligé son entretien.

Claude Lafontaine, Rimouski