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Le Soleil
En réaction au Point de vue «La culture de l’indignation» de Réjean Bergeron paru le 11 août

Le texte de M. Bergeron est pertinent. Les gens sont sans doute comme moi : sans être en quête d’opinions de même farine que la leur, ils cherchent l’harmonie, autant que faire se peut. Malgré notre tempérament latin, force est d’admettre que la nature a horreur du vide. Elle est même allergique à ce qu’elle ne comprend pas. À ce qui est différent. C’est le mécanisme de l’intimidation.

Inconsciemment, on y souscrit. Par notre silence, complice du crime. Or, nous avons le droit de sortir du rang. En tout respect. Je l’ai fait, en me retirant des médias sociaux. Pour ensuite y revenir. Tel l’Empire britannique, aux débuts de la décolonisation. Suivie de la création du Commonwealth. Les Facebook et consorts ne sont que ce qu’on en fait.

Ce droit démocratique de se soustraire aux débats acrimonieux, nous l’avons tous. De dire notre désaccord avec la masse. Et de chercher la paix. Sans l’acheter à rabais. Afin d’affirmer sa position. Dans l’espoir d’être respecté. Ce fut la façon dont j’ai abordé ma position sur les récentes mesures des autorités.

Mes amis n’approuvent pas? Je prends la peine de m’expliquer. Ils persistent? Je m’en éloigne quelque peu. Le temps arrange les choses, dit-on. S’ils s’entêtent encore, je coupe les ponts. Parfois pour de bon! Jusqu’à ce qu’ils comprennent, du moins.

S’effacer de la circulation, en attendant de meilleurs auspices pour la réintégrer. Voilà le secret. Pour sauvegarder son intégrité mentale.

Luc J. Vigneault, auteur et acteur, Québec

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