Tout dans le «pacte fiscal» proposé par Pierre Moreau et approuvé hier par l'Union des municipalités du Québec reste à préciser.

Pacte avec le diable

Avec son pacte fiscal, le gouvernement du Québec vient de couper les vivres aux villes à hauteur de 300 millions $ par année.
En contrepartie, il leur donne un superpouvoir, soit celui de décréter les conditions de travail des employés municipaux. Ainsi, quand une ville aura décidé que les négociations ont assez duré, et qu'elle considérera SES offres raisonnables et négociées de bonne foi, elle pourra imposer les conditions de travail à ses employés. Salaire, horaires de travail, sous-traitance, tout sera sur la table. Finalement, ce sont les tribunaux qui trancheront. Vous aurez compris que la facture de 300 millions $ sera payée à même les poches des employés municipaux. Faire plus avec moins, comment les villes y arriveront-elles? En diminuant les heures d'ouverture dans les arénas et les bibliothèques, en espaçant la collecte des ordures, en mettant des boîtes vocales à la place des personnes qui font du service à la clientèle, ou tout simplement en laissant la neige fondre? Arrêtons de dire que l'automne sera chaud, et sortons dès maintenant dans la rue faire le diable à quatre!
Francine Bouliane
Saint-Laurent (Montréal)