Oui au casque obligatoire

Louis Garneau a subi de graves blessures lors d’une chute à vélo le 21 juillet. Premier constat de sa part : son casque protecteur lui aurait sauvé la vie. Plusieurs langues mal intentionnées pourraient dire : «quel coup de publicité inattendu et inespéré pour les casques Louis Garneau».

Et voilà que dans la foulée de cet accident de vélo qui fut fort médiatisé, on apprend que notre homme d’affaires veut créer le casque de vélo le plus sécuritaire au monde. Comme quoi tomber de plein fouet sur la tête peut parfois donner des idées de grandeur et les ambitions les plus folles.

Mais non, rassurez-vous, je ne dis pas ici que Louis Garneau est tombé sur la tête, ce serait trop facile, voire pas très gentil. Mais dans le cas qui nous préoccupe, ne peut-on pas affirmer que le malheur d’un seul homme a fait ici son propre bonheur.

On se souviendra qu’en 2015, Louis Garneau avait été accusé sur la place publique de vouloir faire de la publicité à sa compagnie en vantant les mérites du port du casque de vélo et en voulant le rendre obligatoire au Québec. Et voyant la déferlante dénonciatrice à son égard, il était revenu sur ses propos et avait pédalé de reculons, si je puis dire, en disant que l’on ne devrait pas obliger les Québécois à porter ledit casque. Que le gouvernement devrait avoir le dernier mot à ce sujet. On connaît la suite : le port du casque est demeuré non obligatoire au Québec.

Moi qui suis pour le port obligatoire du casque, je me suis dit, à la suite de l’accident de cet ex-athlète olympien : «mais qu’est-ce que ça va prendre de plus pour démontrer que le casque peut effectivement sauver des vies». Idem pour la journaliste Isabelle Richer, qui avait elle aussi subi un grave accident à vélo. Son casque protecteur lui avait sauvé la vie.

Le port obligatoire du casque à vélo au Québec mérite encore d’être reconsidéré.

Yvan Giguère, Saguenay

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Le grand défi de Macron

Le président Macron, par l’affaire Benalla, a montré qu’il n’était pas invincible, que sa présidence n’était pas toujours réglée au quart de tour. En donnant autant de pouvoir et de privilèges à son garde du corps, qui n’est pas un policier, il a témoigné d’un grave manque de jugement. Plus grave, au plan politique, il n’a pas su régler promptement et efficacement cette affaire, somme toute assez banale. Il a laissé aller les choses et elle est devenue une crise, une affaire d’État.

Le président est en grande chute de popularité. Le lien de confiance avec les Français semble bien avoir disparu. Pourra-t-il refaire ce lien? C’est le grand défi qui attend Emmanuel Macron. Sa seule carte maintenant sera celle de la franchise et des excuses. Ce ne sera pas facile pour un homme qui se disait «jupitérien». Pour gagner son pari, son humilité forcée devra cependant être réelle.

Michel Lebel, Entrelacs