Lucien Bouchard

Où est le père du Bloc?

Où est le soi-disant «père» du Bloc Québécois? Pourquoi Lucien Bouchard laisse-t-il mourir son rejeton? Personne ne peut prétendre être le seul à pouvoir défendre les intérêts du Québec à Ottawa, et cela, les Québécois l'ont compris depuis longtemps. Lorsque nous avons décidé de scinder le NPD-Québec (1990) pour fonder le Bloc Québécois sur la scène fédérale et le PDS, qui devint l'UFP puis aujourd'hui Québec Solidaire sur la scène provinciale, nous détenions la liste des membres de Mouvement Québec. Elle regroupait tous les membres du Parti Québécois ou presque.
Où est le soi-disant «père» du Bloc Québécois? Pourquoi Lucien Bouchard laisse-t-il mourir son rejeton? Personne ne peut prétendre être le seul à pouvoir défendre les intérêts du Québec à Ottawa, et cela, les Québécois l'ont compris depuis longtemps. Lorsque nous avons décidé de scinder le NPD-Québec (1990) pour fonder le Bloc Québécois sur la scène fédérale et le PDS, qui devint l'UFP puis aujourd'hui Québec Solidaire sur la scène provinciale, nous détenions la liste des membres de Mouvement Québec. Elle regroupait tous les membres du Parti Québécois ou presque.
Nous avons convoqué toutes ces personnes pour le congrès de fondation du Bloc Québécois. La cause souverainiste atteignait son apogée. Notre résolution de fondation du BQ comportait l'obligation d'une durée de vie de deux mandats, le temps de faire un deuxième référendum au Québec. Ce dernier a eu lieu en 1995. Passé ce terme, la présence du Bloc à Ottawa ne pouvait qu'empêcher ou retarder l'évolution des sociaux-démocrates en les divisant et en les affaiblissant, favorisant en cela la gouvernance libérale ou conservatrice. Voyez où est-ce qu'on en est!  Aujourd'hui et comme toujours, le Bloc est composé d'opportunistes qui retardent la conjonction d'une condition gagnante, soit la présence d'un véritable gouvernement démocrate à Ottawa. Le Bloc ne peut que péricliter et disparaître à plus où moins long terme.
Pour ma part, j'ai tenu le flambeau du NPD souvent seul contre vents et tempêtes jusqu'à ce que la relève aujourd'hui forme l'opposition à Ottawa. Je continue de croire que Stéphane Harper n'est pas l'homme de la situation et que Justin n'est pas mieux. En tout cas, il n'a pas l'étoffe de son père. Ma vision des choses et de l'histoire m'incite à croire que l'option souverainiste ne se relèvera jamais vraiment et surtout pas avec une charte des valeurs. Peut être le pourrait-il avec une Assemblée Constituante.
Jean-Marie Fiset , Québec