Le procès de l'opération SharQc s'ouvre à compter de ce lundi, au Centre judiciaire Gouin, à Montréal.

Opération SharQc: un échec lamentable

Le succès de l'opération SharQc est étrangement un grave échec pour notre système de justice.
Chez les Hells Angels et leurs sympathisants, on a arrêté et emprisonné 156 suspects de meurtre et de complot de meurtre avec, en principe, des preuves suffisantes pour espérer une condamnation et pour leur refuser la liberté avant le procès. Plus de six ans plus tard, on ne fait un procès qu'à cinq suspects.
On aurait donc relâché 151 personnes pour lesquelles on détenait des preuves en béton de crimes les plus graves de notre code criminel? La vérité semble plutôt que ces preuves étaient tellement faibles qu'on n'a même pas jugé bon de les amener en procès. Par contre, la vaste majorité de ces suspects ont purgé une peine sans procès. Après des années d'emprisonnement, on a présenté à la plupart d'entre eux une proposition de libération s'ils plaidaient coupables à des accusations réduites puisque la peine purgée était déjà suffisante pour une libération.
C'est là une justice tiermondiste. Les autorités décident d'emprisonner certains individus visés pendant une période considérable. La condition de leur libération est de plaider coupable. S'ils choisissent de se rendre au procès, la peine sera d'autant prolongée même s'ils sont déclarés non coupables parce que la preuve était insuffisante.
Jeannot Vachon, Québec