Opération charme? Non merci

En réaction à l'article «Opération charme à la fonction publique» du journaliste Jean-Marc Salvet, paru le 22 mai.

J’ai lu avec intérêt votre texte sur l’Opération charme dans la fonction publique, surtout relativement aux cadres. Ayant été cadre au gouvernement pendant plus de 25 ans, je ne le recommande pas comme emploi.

Ce n’est pas un «job plate». Il y a d’énormes défis, rendus encore plus excitants du fait que les politiciens changent d’idée à tout moment.

Le problème est de ne pas pouvoir faire confiance à l’employeur. En fait, l’année passée, le gouvernement libéral a brisé son contrat avec les cadres retraités. Il dit avoir négocié avec eux, ce qui est faux, les associations avec qui le gouvernement a discuté n’ayant aucun mandat de négocier au nom des ex-cadres.

C’était un précédent inique et unique dans l’histoire du Québec, suspendant complètement l’indexation de la rente des retraités actuels pendant six ans, du jamais vu. Les années subséquentes ont été également modifiées unilatéralement. Comme exemple des effets, un cadre ayant pris sa retraite en 2000 ou avant pourrait maintenant, selon l’inflation, perdre presque un tiers de sa retraite dans seulement 10 ans.

À noter que les cadres retraités ont cotisé automatiquement au fonds de pension. Le gouvernement, lui, ne l’a jamais fait. Il a toutefois mis sur le dos des ex-cadres le manque à gagner. En plus, cela s’est fait dans une période de surplus budgétaire reconnu!

Il faudra que le gouvernement rétablisse la situation des cadres retraités actuels avant que je puisse recommander un «job de boss» au gouvernement. On ne peut se battre contre l’armée d’avocats du gouvernement, payés de surcroît par nos impôts. Une rupture de contrat, c’est un pensez-y bien!

Robert Pelley

Québec