On a tué la médecine

Ce diagnostic est sans appel : la médecine telle qu’elle devrait être est en voie de disparition et le point de rupture a été atteint au cours des dernières années. Elle est devenue la profession la plus réglementée, des lois aussi bien que des règles corporatives et des conventions collectives régissant son fonctionnement et conséquemment ses membres. Rien de comparable par rapport aux autres professions du domaine de la santé et cela commence dès l’admission en médecine.

Tout est dicté, encadré. On vous dit où l’on vous permet de travailler, la charge de patients que vous devrez avoir et les types de malades que vous devrez soigner. Les malades sont chiffrés, les patients en CHSLD étant à zéro! Le patient n’est plus au centre des préoccupations, mais les données qui y sont attribuées. Gare au patient non inscrit ou qui ose consulter là où il n’est pas inscrit.

Les grands ensembles hospitaliers créés ne sont pas plus accueillants pour les médecins spécialistes qui sont aussi astreints à des règles de fonctionnement rigides. Les administrations les ont à l’œil et les réprimandes viennent rapidement. Les lois et règlements existants sont maintenant source de menaces et d’intimidation de part et d’autre.

Les administrateurs sont démotivés quand ils ne sont pas en congé de maladie, les infirmières épuisées et les médecins payés, mais peu fiers d’eux. On compte plus qu’on ne soigne. Les lois 20 et 130 et leurs règlements lui ont porté un coup fatal. Vous avez eu sa peau Docteur Barrette.

Richard Gagné, médecin retraité
Sainte-Pétronille

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Moue anti-olympique

Il y avait un quelque chose d’agaçant à voir les hockeyeuses canadiennes recevoir leur médaille d’argent avec leurs mines de Mi-Carême, une d’elles allant même jusqu’à retirer sa médaille aussitôt après avoir été mise à son cou. Je comprends très bien leur frustration, là n’est pas la question. Mais cette réaction que je vois depuis plusieurs olympiades de la part des médaillés d’argent du hockey féminin, deux pays confondus, témoigne d’une certaine culture du milieu selon laquelle seule la médaille d’or a de la valeur.

La capitaine Marie-Philip Poulin allait justement dans ce sens en entrevue à la CBC. Cette attitude va complètement à l’encontre de l’idéal olympique qui est de faire son maximum pour gagner, sans considérer une défaite comme un déshonneur. J’ai donc tout simplement le goût de leur dire : «Hey les filles! c’est correct que vous puissiez vivre votre peine d’avoir perdu, mais s’il vous plaît, pouvez-vous, une fois sur le podium, vous mettre un peu de sérénité dans le visage comme ça se voit dans les autres sports au programme?»

Steve Boivin
Saint-Flavien