Nouvelles Casernes: pourquoi pas un musée militaire?

Déplorant le peu de mémoire historique des Québécois dans le domaine militaire, Monique Dumont se demandait récemment dans Le Devoir: « Où est le gouvernement du Québec? Ne faudrait-il pas rappeler — nommer, raconter l’histoire — de ces milliers de Québécois [Canadiens français d’hier] qui ont débarqué sur les côtes d’Afrique du Nord, de Sicile, d’Italie, de France? Si notre monde existe, c’est grâce à l’héroïsme et au sacrifice de milliers d’entre eux.»

Rappelons qu’il existe, au cœur du Vieux-Québec, le plus grand bâtiment érigé par les autorités en Nouvelle-France: les Nouvelles-Casernes. L’endroit demeure à ce jour sans vocation. Pourquoi l’État québécois ne pourrait-il pas le consacrer à un musée militaire? Les Français, les Canadiens et leurs alliés Amérindiens (y compris leurs ennemis de l’époque) n’ont-ils pas accompli suffisamment d’exploits guerriers en Amérique? Ces derniers ne sont-ils pas inexplicablement et honteusement ignorés? La Nouvelle-France, une société à charpente largement militaire, a gagné la quasi-totalité des batailles auxquelles elle a participé en Amérique sauf une — celle des Plaines d’Abraham. La prise du fort George, la bataille de Carillon, celle de Sainte-Foy, les exploits d’un Pontiac, d’un Pieskaret, d’un Charles de Langlade, ou bien ceux de Frontenac, des frères d’Iberville, des combattants Acadiens ou Métis rempliraient les Nouvelles-Casernes d’échos de nos ancêtres courageux d’autrefois. 

Enfin, les faits d’armes remarquables des Canadiens-français qui se sont battus sous le pavillon de la Grande-Bretagne puis celui du Canada depuis la Cession de 1763 ne méritent-ils pas d’être largement expliqués aux Québécois d’aujourd’hui ainsi qu’aux visiteurs étrangers, le tout au cœur même de leur Capitale nationale ? Comme l’affirme sans ambages le Chant National des Canadiens-français : «Ton front est ceint de fleurons glorieux, car ton bras sait porter l’épée…»

Léonce Naud, Québec