N’oublions pas de les remercier

En réaction à la chronique «Qui promettra du plaisir en CHSLD?» de la journaliste Mylène Moisan parue le 15 septembre

Mme Moisan fait état d’un manque de 170 préposés et de 68 infirmières. Dans les faits j’aimerais vous raconter cette situation, qui m’apparaît importante. Ma mère qui était dans un tel établissement avait 88 ans et était d’une bonne santé mentale mais physiquement éprouvée. Lors d’une visite quotidienne de ma part, elle venait d’être lavée et changée pour son incontinence. À peine dix minutes plus tard, un autre dégât de même nature.

J’ai senti le mécontentement de la préposée, mais elle a recommencé le même traitement à ma mère et tout cela avec un certain malaise mais quand même avec un sourire. Je me rappelle l’humanisme de cette personne.

Ma conclusion est : qui n’aspire pas mieux que laver les excréments de personnes âgées au quotidien et en plus subir les insatisfactions des membres des familles. Après de multiples discussions avec des gens, il s’avère que presque personne ne serait intéressé à faire ce travail. Même des gens des familles concernées ne le feraient pas.

Mais pour nous, juger est facile en oubliant que nous vieillissons tous et qu’un jour ce sera peut-être notre tour et nous serons bien heureux d’avoir de tels recours.

Je crois que ce ne sont pas nécessairement les salaires qui sont mis en cause pour ce manque de personnel mais bien toute l’attention qu’un ou une préposée doit donner aux gens de façon physique et morale. Pas facile de soulever une personne de son fauteuil qui n’a pas la force de le faire, de l’essuyer, la laver, lui donner de la tendresse et lui sourire.

Ayant vu la pauvreté dans divers pays et les personnes âgées laissées parfois à elles-mêmes attendant la fin, je me permets de dire avec certitude que chez nous, rien ne nous manque. Rien n’est parfait, bien sûr, mais essayons quand même d’apprécier et de remercier. Voyons le courage des gens exceptionnels qui font ce travail bien souvent à bout de souffle.

Vaut-il mieux vivre de promesses ou de s’accommoder de l’acquis qui est très potable sans toutefois oublier qu’il y a toujours place à l’amélioration?

Bruno Verret, Québec