Pendant une année scolaire, Guillaume Sylvestre a suivi les élèves d'une école publique d'Outremont, qui se livrent à la caméra avec une franchise décapante.

Notre langue comme tremplin

Lettre à Mme Daphnée Dion-Viens, journaliste au Soleil
À propos de l'épreuve uniforme de français, il ne s'agit pas de nivellement par le bas lorsqu'on propose de retirer cette épreuve, mais d'offrir une chance aux personnes ayant des difficultés en français (dyslexie, par exemple) ou celles qui ne maîtrisent pas la langue, notamment les communautés culturelles et étonnamment, nos amis du Nouveau-Brunswick. Je serais très curieuse que nous offrions ce test à nos amis les politiciens et les journalistes. Avez-vous déjà vu (ou lu) le test? Avez-vous fait l'exercice d'y participer? Il est prévu trois heures pour rédiger cette épreuve et elle en requiert trois heures en effet. Elle exige une rédaction bourrée de formalités qui ne fournit aucune preuve de bonne écriture, mais bien d'appliquer une recette soi-disant efficace. Je vous invite à jeter un bon coup d'oeil sur les EUF et de juger de la pertinence entre ces textes à rédiger et la diplomation d'une infirmière, d'un technicien en loisirs ou d'un futur ingénieur... Modifions cette épreuve afin qu'elle exige une compréhension correcte de la langue sans en faire de la littérature intense et offrons les chances d'emploi à plus de gens que nous Québécois du Québec, blancs et moulées à cette structure. Notre langue doit servir de tremplin et d'aidant à toutes nos sphères d'activités et non d'étalon pour purger les «pas bons» en français. C'est vivant une langue, c'est un continuum, faisons en sorte que... 
Brigitte Sirois, Notre-Dame-du-Portage