Nos contradictions

Les experts qui ont analysé le sondage CROP, dont les résultats sont parus dans le Soleil du 10 décembre, nous expliquent certaines contradictions qui en ressortent. Il y a une contradiction qui est moins évidente mais importante: 85 % des sondés «sont d'accord pour dire que le changement climatique est un problème majeur», alors que 77 % trouvent avantageux les traités de libre-échange.
Pourtant, ces traités sont négociés derrière des portes closes par une élite économique (masculine surtout) non élue et déconnectée du citoyen. D'ailleurs, l'Accord économique et commercial global (AECG, CETA en anglais) entre le Canada et l'Union européenne donnera préséance aux profits des entreprises multinationales (pas des petites PME) avant toute considération environnementale. 
C'est ainsi que l'industrie des sables bitumineux a asservi l'Union européenne, initialement contre les énergies sales, en échange de l'ouverture de notre marché pour certains de leurs produits et services plus contestés. Au diable les changements climatiques et la COP 21! Et c'est sans compter les poursuites possibles si une loi protégeant l'environnement risque d'empêcher une industrie de faire des profits. Des exemples existent déjà.
Ne pas se sentir exclus exige de s'informer, à plus d'une source idéalement, car les médias ne sont pas toujours au rendez-vous, eux-mêmes ayant des intérêts à protéger; mais cela exige aussi d'agir! Les combats sont rarement faciles, car nos décideurs sont effectivement souvent acoquinés avec ceux qui peuvent leur assurer une réélection ou un emploi ultérieur. Cependant, le jeu en vaudra toujours la chandelle, car c'est une question de démocratie!
Lucie Bergeron, Québec