Ne pas confondre compostage et méthanisation

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
Dans Le Soleil du 18 octobre, la journaliste Judith Desmeules nous rappelle que la route du compostage à Québec a été longue. J’ajouterais qu’elle a été sinueuse au point de nous mener à la méthanisation des résidus alimentaires plutôt qu’à leur compostage; deux approches très différentes l’une de l’autre, malgré la confusion que la Ville entretient à ce sujet.

Pour un prix très raisonnable (60$ à 65$ par tonne traitée), le compostage est une méthode éprouvée et dont les coûts d’opération sont connus et prévisibles. De plus, les technologies récentes permettent d’éliminer les odeurs. Le compostage est utilisé depuis longtemps par plusieurs villes du Québec (Gatineau, Rimouski, Montréal, St-Henri-de-Lévis) et a fait ses preuves.

La méthanisation est une méthode éprouvée pour le traitement des biosolides (boues produites par le traitement des eaux usées), mais pas pour les résidus alimentaires.

Le centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec (CBAQ) sera le plus gros en Amérique du Nord, une innovation pleine de défis techniques potentiellement hasardeux, au point où les coûts de construction ont explosé au fil des ans pour atteindre 190 millions $, sans qu’on puisse connaître ses coûts de mise en service et d’opération. Pour atteindre un coût comparable au compostage, la Ville a obtenu des subventions importantes des deux paliers de gouvernement et a dû piger profondément dans ses poches... qui sont aussi les nôtres.

En terminant, permettez-moi de rappeler que le centre de biométhanisation s’ajoute à de nombreux équipements industriels polluants (incinérateur, White Birch, port) tous concentrés dans Limoilou, un quartier déjà fortement impacté par la circulation automobile.

Réal Caron, Québec