N'attendons pas 20 ans

Autrefois constructeur et inspecteur de navires, maintenant retraité, je m'intéresse à la réfection de la peinture de notre légendaire pont de Québec. J'ai eu l'opportunité d'assister au forum tenu en novembre dernier et d'y soumettre un mémoire écrit.
La suggestion du Groupe Mallette de créer deux OSBL (organismes sans but lucratif) est intéressante, mais l'idée de repeindre le pont sur une période de 15-20 ans ne tient pas la route; il faut faire beaucoup plus rapidement si l'on veut assurer sa pérennité.
Les ingénieurs du ministère des Transports et ceux du CN ont bien en main l'évaluation technique de la structure. En font foi les travaux menés à l'été 2016 afin de diriger les eaux de déglaçage vers le fleuve, loin de la structure sous-jacente. D'autres travaux de protection sont toujours sur le calendrier. C'est une première étape bien complétée pour assurer la sécurité du pont. Reste à protéger à long terme la structure entière, comment et à quel prix?
Sabler au métal nu tout le pont, comme ça s'est fait en Écosse sur le pont Forth, n'est ni réaliste, ni nécessaire, en plus d'être trop long et trop dispendieux.
Toute la structure cinq mètres au-dessus du tablier semble beaucoup moins endommagée par la corrosion; un lavage sous haute pression d'eau (4000 livres/po2) avant peinture devrait suffire.
Il est évidemment nécessaire de mieux protéger toute la structure sous ce niveau de cinq mètres et d'élever la pression de lavage au niveau de 40 000 livres/po2 de façon à retirer toute trace de rouille. Il ne m'apparaît pas nécessaire cependant de retirer entièrement la peinture verte qui a bien tenu depuis sa pose des années 80 (surtout sur la section sud du pont). 
Je ne vois pas plus l'utilité de retirer toute la peinture «grise» appliquée lors de l'intervention de 2000 à 2006, celle-ci étant tout de même beaucoup plus efficace que ne le laissent croire plusieurs «experts», même si des corrections locales sont requises.
Je suis convaincu qu'ensemble, les ingénieurs du MTQ et ceux du CN ont la compétence pour mener à bien ce projet avec un budget réaliste de 125 millions $, dont le gouvernement fédéral s'est engagé à fournir 95 millions $.
La couleur verte devrait être envisagée sérieusement s'il est l'intention de rendre au pont la fierté qu'il mérite. Il sera alors envisageable d'en faire enfin un attrait touristique majeur; de le placer en photo à côté du célèbre Château Frontenac. Mais diable, agissons...
Jacques Martin, Québec