Narcissisme présidentiel

Pas besoin d'être grand clerc pour imaginer que le président des États-Unis salive de plaisir de constater, à chaque aurore, qu'il est le centre des interventions médiatiques un peu partout dans le monde. Qu'il peut également décider de la destinée d'institutions ou de populations à l'échelle planétaire.
Pas nécessaire non plus de recourir à la psychanalyse pour constater l'intense désir qui anime certaines personnes (surtout des hommes) pour devenir tout autant chefs politiques, religieux, guerriers ou financiers.
Ces individus portent en eux une soif presque jamais assouvie de s'imposer aux autres, parfois brutalement ou grossièrement, de se prouver qu'ils sont les meilleurs, de faire de leur existence une insatiable quête d'admiration de son entourage et de pouvoir tous les jours se contempler, satisfaits, dans le miroir de leur vie.
Pour ces êtres, mélanges de fragilité émotive et d'impitoyable cruauté, la pire chose qui puisse exister, c'est l'absence d'intérêt de toutes les personnes qu'ils entendent dominer. 
Comme le proposait Jacques Prévert dans un de ses poèmes, il y a tant d'années, souhaitons que Narcisse se noie dans sa propre image déformée par la réfraction du miroir dans lequel il se regarde.
Serge Genest, Québec