Mon ami Gérald Godin

Gérald avait une façon bien personnelle et très imagée pour vulgariser de grands enjeux de société. Après une décision de la Cour Suprême au sujet de la loi 101, il m’a dit ceci:

«Au début du monde, il y avait Dieu qui dominait le monde. Il avait tous les pouvoirs et Il imposait ses volontés aux humains. Un jour, II décida de transmettre tous ses pouvoirs à un roi Salomon considéré comme un être Sage et Juste.

Un jour, le roi d’Angleterre décida de transmettre ses pouvoirs et de les déléguer à un gouvernement du peuple, composé par le peuple et pour le peuple; ce gouvernement pouvant édicter des lois régissant la vie en société.

Afin d’éviter l’arbitraire, le gouvernement décida de déléguer l’interprétation de ses lois à un tribunal composé par une ou plusieurs personnes appelés juges.

C’est ainsi que le pouvoir absolu de Dieu est revenu entre les mains d’un groupe de personnes et dans certains cas entre les mains d’une seule personne.

Le gouvernement qui doit représenter la majorité a donc, dans certaines circonstances, les mains liées par des décisions de juges qui peuvent être à l’encontre du bien public.»

À la lumière de ce que m’avait si bien dit Gérald Godin, il devient nécessaire que le gouvernement de François Legault légifère sur la laïcité enfin de mettre fin à ces années de tergiversations, comme il l’a promis lors de la dernière campagne électorale.

Ce débat qui aurait dû être réglé depuis longtemps a bien trop duré.

Avec la collaboration des partis d’opposition et de tous les membres de l’Assemblée nationale, ainsi qu’avec l’appui de la majorité de la population, François Legault a toute la légitimité nécessaire pour présenter un projet clair mettant fin à ce débat.

Et son gouvernement a une occasion en or de démontrer que notre Assemblée nationale a la pleine souveraineté pour aller en ce sens et qu’elle n’a pas à se faire dicter le chemin par le gouvernement des juges.

Comme société, il nous incombe aussi de dire les choses clairement pour que les nouveaux arrivants qui décident de venir s’installer ici puissent s’intégrer et vivre selon les us et coutumes de notre pays qui les accueille avec bienveillance.

Le Québec est une terre d’accueil et de liberté où les droits des individus sont associés à leurs obligations d’une vie en société.
Voilà pourquoi le gouvernement caquiste ne peut se permettre de rater ce rendez-vous urgent et important pour le bien de toute la population québécoise.

Jean-Pierre Jolivet
Shawinigan