Martine Ouellet joue son va-tout

C’est maintenant confirmé, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, se soumettra à un vote de confiance auprès des 20 000 membres du Bloc lors du Conseil national du parti du 29 avril à Drummondville. Après des semaines de tempête et plusieurs appels à quitter la direction du Bloc, Mme Ouellet a décidé de jouer son va-tout et d’utiliser la voie démocratique, une démarche difficilement critiquable à mes yeux.

Parlant de «démocratie», la chef du Bloc s’est fixé comme objectif minimal pour demeurer en poste 50 % d’appuis + 1 vote, un résultat qui, selon certains analystes, aurait pour effet de remettre sa légitimité en cause et de ramener le parti «à la case départ». Qu’à cela ne tienne, Martine Ouellet est catégorique; elle invitera les partisans qui l’ont appuyée à la suivre sur les grandes orientations du parti qui auront été décidées à l’occasion du même référendum sur une deuxième question à cet effet.

De l’avis de Jacques Beauchemin, professeur au département de sociologie de l’UQAM, qui a suivi de près la crise au Bloc au cours des dernières semaines, «ça ne serait pas assez élevé pour reconduire sa légitimité en tant que chef… on ne peut pas partir à la guerre avec un soutien de ses membres aussi faible que celui-là».

Martine Ouellet est perçue comme une «battante» et une souverainiste incontestée. Reste à savoir si, dans l’hypothèse où elle reçoit une faible majorité, elle parviendra à coup de détermination (ou d’entêtement!) à réunifier un parti écorché vivement par les pénibles événements des dernières semaines.

Henri Marineau, Québec