Mais où habite Mario Girard?

Mario Girard, PDG du Port de Québec, a réagi cette fin de semaine à la chronique de Mylène Moisan, publiée le 20 octobre, concernant le recours collectif sur les poussières rouges. Dans son texte, il souligne à grands traits que l’épisode de poussière dans la basse-ville de Québec est un cas isolé. M. Girard aurait-il déjà oublié l’épisode du 2 juillet de cette année, rapporté par Le Soleil et confirmé par le Port?

Voilà pourtant un autre épisode récent de poussières, parmi d’autres. M. Girard accuse également Mylène Moisan d’un manque de rigueur journalistique, qui risque de désinformer certains citoyens. Dans le contexte, s’attaquer à la crédibilité d’une journaliste m’apparaît comme une stratégie d’influence de l’opinion publique prévisible et révélatrice. 

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le PDG privilégie cette approche pour apaiser la vivacité sociale de la question des poussières: il avait aussi mis en doute la rigueur d’une autre journaliste du Soleil, Annie Morin, dans une lettre publiée le 10 novembre 2015. Par ailleurs, M. Girard suggère que les adversaires des activités portuaires colporteraient à répétition dans les médias des faussetés et des exagérations. 

Ces propos me semblent bien méprisants à l’égard des citoyennes et des citoyens qui se préoccupent de la qualité de l’air dans les quartiers centraux de la ville. Ces derniers ont pourtant une longue «expérience de terrain» qui leur confère une expertise indéniable de la situation. Il est clair que M. Girard vit bien loin de la basse-ville. Car s’il habitait Limoilou, il serait à même de constater non seulement que la quantité de poussière y est anormalement grande, mais surtout qu’il s’agit d’un problème récurrent.

Isabelle Arseneau

Limoilou