Maintien à domicile : l’incohérence

En réaction au texte «Plaidoyer pour la médecine de quartier», paru le 13 février

Je suis médecin de famille. J’ai lu avec intérêt l’article de Mme Fleury ce matin [mardi 13 février] sur la menace de fermeture de la clinique médicale de Beauport faute de relève. Nous sommes dans la même situation. C’est un copier-coller et cette problématique touche la majorité des cliniques de quartier.

J’ai participé, la semaine dernière, à un colloque sur la maladie d’Alzheimer. Un colloque en lien avec une volonté ministérielle d’établir un plan en collaboration avec les GMF et les CLSC pour favoriser le maintien à domicile le plus longtemps possible des gens en perte cognitive. Ce maintien se fait par des soins de proximité, par des équipes établies qui connaissent la clientèle depuis des années.

D’un autre côté, Dr Barrette ne jure que par ses supercliniques qui sont en fait de mini-hôpitaux privés qui n’offrent pas ces soins de proximité. Il ajoute au réseau de nouveaux établissements mais pas de nouveaux effectifs, ce qui menace directement la survie des cliniques de quartier faute de relève.

Dr Barrette, d’un côté, vous établissez de beaux plans de maintien à domicile, mais de l’autre, vous menez à l’extinction les cliniques de quartier qui sont les mieux placées pour mener à la réussite de ce plan. Votre manque de cohérence mènera à la disparition, à moyen terme, d’un modèle de pratique qui a servi la population du Québec depuis des années. Cette perte amènera une détérioration de l’accès aux soins de prise en charge de qualité.

Dre Sylvie Chateauvert, GMF Duberger