Magnotta très peu crédible

Les professionnels de l'information n'ont-ils donc rien retenu de l'affaire Magnotta? Visiblement, ils ont été grisés par ce cocktail de deux sujets explosifs: le démembreur de Montréal et les conditions de vie dans le milieu carcéral canadien.
Rocco Magnotta a passé des années à s'inventer une vie de jet-set alors qu'il était objectivement pauvre et anonyme. Il est un véritable autobiographe de carrière et a été pendant longtemps son seul public. L'homme qui dit se bronzer dans la cour du pénitencier est aussi le faux mannequin qui s'est présenté dans une salle de presse en 2007 pour se plaindre d'une rumeur qui n'a jamais existé ailleurs que dans son esprit malade. Magnotta restera toujours la source d'information la moins crédible sur sa propre vie. Soit il est extrêmement lucide sur le pathétisme de sa vie précarcérale, soit il poursuit son oeuvre mi-mensonge, mi-délire.
On est à peu près sûr que c'est sa recherche maladive d'attention qui l'a mené à tuer. Il y a donc fort à parier que Magnotta lui-même souhaitait que le contenu de cette lettre soit éventé aux médias. C'est donc hypocrite de souligner qu'il est sans remords face à la mort de Jun Lin tout en diffusant ses dernières provocations. Le sensationnalisme devient ici complice du meurtrier paranoïde et narcissique. 
Luka Rocco Magnotta est clairement prêt à se nourrir de cette bêtise médiatique pour les 20 prochaines années.
Antoine Desgagnés, Québec