Jacques Parizeau est décédé lundi à l'âge de 84 ans.

Ma rencontre avec Jacques Parizeau

C'était au début des années 1990, à l'hôtel Gray Rocks, dans les Laurentides. S'y tenait l'annuel congrès national des conseillers en relations de travail de la fonction publique du Canada.
Le jeudi soir avait lieu le banquet au cours duquel une personnalité venait prononcer une allocution sur un sujet relié au monde des relations industrielles. Cette année-là, le conférencier invité était Jacques Parizeau.
Pendant l'allocution de Monsieur Parizeau, plusieurs de «mes collègues» du ROC se sont fait un malin plaisir de tenir des conversations à voix haute malgré l'insistance des organisateurs à se taire. À tel point qu'ils enterraient parfois ses propos. J'avais honte. Je n'aurais pas dû, car cela ne me confirmait qu'une fois de plus les vrais sentiments du Canada anglais envers le Québec quand il se tient debout: le plus profond mépris.
Ce même mépris que l'on a pu constater cette semaine dans certains médias du ROC. Et Monsieur Parizeau était quelqu'un qui se tenait debout. J'ai participé à plusieurs de ces congrès. Pourtant, jamais je n'avais assisté à pareil manque de respect à l'endroit d'un conférencier.
Avec sa stature d'homme d'État, Monsieur est demeuré imperturbable, a complété son allocution, a répondu aux questions, puis est reparti avec la même stature que celle qui m'avait tant impressionné à son arrivée.
René Reid, Québec