L'UPAC s'impatiente

Non, le gouvernement n'a pas à se mettre le nez dans les dossiers de l'UPAC, mais quand c'est l'UPAC qui s'impatiente, devant l'inaction de la Couronne dans des dossiers qui dorment, là, il s'agit d'un tout autre problème.
Quand c'est une façon de faire qui est dénoncée, le gouvernement ne peut pas se cacher en répondant qu'il ne peut pas aller mettre son nez dans les dossiers de l'UPAC, car il ne s'agit pas de dossiers particuliers, mais d'un vice de forme de toute la structure : le Directeur des poursuites criminelles et pénales dort-il? Le gouvernement libéral a-t-il avantage à le réveiller, a-t-il avantage à faire avancer une ou des enquêtes concernant le financement du Parti libéral? Cette situation heurte le sens commun. Du moins, cela a de quoi soulever la méfiance des citoyens, surtout lorsqu'on nous rapporte que l'UPAC s'impatiente. Pourquoi ne pas modifier la structure de façon à ce que la Couronne ait des comptes à rendre à la population par le biais des élus et de l'opposition officielle? Oui, l'opposition officielle! Parce que ce ne pourrait être qu'elle qui réponde de façon crédible aux citoyens qui s'interrogent sur le possible conflit d'intérêts qui endort certains dossiers de l'UPAC.
Gisèle Filion
Montréal