Comme l'oléoduc doit traverser la frontière entre les deux pays, le département d'État est chargé du dossier et étudie les conséquences environnementales de ce projet du côté américain.

L'oléoduc 9b, plus de carbone pour tous

Depuis la fin du 19e siècle, la température moyenne de la planète a augmenté de 0,8 C, soit près de dix fois plus rapidement que le réchauffement qui mit fin à la dernière période glaciaire. Le rôle joué dans ce réchauffement par le surplus de carbone que nous envoyons dans l'atmosphère depuis les débuts de la Révolution industrielle est amplement démontré. Réduire notre dépendance aux hydrocarbures devrait donc être un projet collectif et individuel urgent afin d'éviter les conséquences du dérèglement climatique qui se manifestent déjà.
Depuis la fin du 19e siècle, la température moyenne de la planète a augmenté de 0,8 C, soit près de dix fois plus rapidement que le réchauffement qui mit fin à la dernière période glaciaire. Le rôle joué dans ce réchauffement par le surplus de carbone que nous envoyons dans l'atmosphère depuis les débuts de la Révolution industrielle est amplement démontré. Réduire notre dépendance aux hydrocarbures devrait donc être un projet collectif et individuel urgent afin d'éviter les conséquences du dérèglement climatique qui se manifestent déjà.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'inversion de l'oléoduc 9b. Ses promoteurs évitent de le faire et présentent l'opération comme une nécessité économique et non environnemental, comme si la dépendance au carbone n'avait pas un coût. Depuis que le baril se transige à plus de 100 dollars, la production nord-américaine, par fracturation hydraulique d'une part et des sables bitumineux d'autre part, a explosé pour tirer profit de cette manne sans égard aux conséquences. L'inversion de la ligne 9b n'est qu'un des projets d'Enbridge visant à s'assurer que nous puissions bruler le précieux fluide. Il permettra aux raffineries québécoises un meilleur accès au pétrole léger obtenu par fracturation. Trois autres projets d'Enbridge soit accroître les capacités de la ligne 3 et Alberta Clipper vers les raffineries du golfe du Mexique et Northern Gateway vers le Pacifique concernent directement les sables bitumineux. L'objec tif d'Enbridge est de faire passer sa capacité de transport qui est actuellement d'un peu plus d'un million de barils par jour à près de 2,4 millions de barils. Et ceci ne concerne ni les projets des autres transporteurs par pipelines soit TransCanada et Kinder-Morgan, ni le transport ferroviaire et fluvial.
L'inversion de la ligne 9b participe à cette entreprise continentale de nous enfoncer toujours plus dans l'économie du carbone au lieu de nous en éloigner. Mais nous pourrions le faire si le prix des hydrocarbures reflétait leurs coûts réels. Le coût du pétrole devrait tenir compte des coûts environnementaux de nettoyage après les catastrophes mais également les coûts associés aux situations climatiques extrêmes. Il y a un coût politique. Combien nous coûte l'offensive fédérale en faveur de Keystone XL ? Combien nous coûte la politique arctique qui vise essentiellement les réserves d'hydrocarbures ? Combien coûte l'extension et l'entretien du réseau routier et l'étalement urbain? On pourrait ajouter d'autres coûts. Prendre immédiatement nos distances avec une économie basée sur le carbone est une décision sensée autant économiquement que pour des raisons environnementales.
Pierre Ross, Québec