Lire, et lire beaucoup

«À leur premier essai, près de la moitié des futurs enseignants québécois ont échoué à l'examen de français obligatoire à l'obtention de leur brevet», pouvait-on lire récemment dans Le Soleil. Ça ne m'étonne pas, tellement les choses ont changé depuis que je suis entré à l'université à la fin des années 60. À titre d'écrivain et de réviseur, j'ai toujours affirmé que la maîtrise d'une langue passe nécessairement par la lecture, et beaucoup de lecture! Adolescent, je lisais au moins un livre - la plupart du temps plusieurs - par semaine. Je me souviens notamment d'avoir fait en trois jours l'enthousiaste traversée des quelque 700 pages de L'île mystérieuse, de Jules Verne.
C'est en lisant qu'on apprend à écrire, car le subconscient emmagasine chaque mot, structure de phrase et couleur de style, offrant à la longue une incroyable banque de données prêtes à jaillir lorsque les doigts courent sur le clavier. Aujourd'hui, ce que j'observe surtout, ce sont des visages vissés aux écrans des cellulaires, à l'affût de textos qui sont loin d'être des modèles d'écriture. La bonne nouvelle, c'est que mes services risquent d'être de plus en plus en demande...
Gilles Levasseur, Québec