L'inconscience des leaders du refus global

De tous les maux qui peuvent affliger une société, celui de l'inconscience est un des plus graves. Comment voulez-vous régler un quelconque problème si vous n'en êtes pas conscient de son ampleur?
C'est notamment le cas de l'environnement, mais encore plus vrai pour celui de nos problèmes budgétaires, de la dette à hauteur de 271 milliards $, du paiement d'intérêts de 10 milliards $ par année, etc. Même ces chiffres étaient contestés par les marcheurs du non à l'austérité, dimanche.
Ils disent: «Le gouvernement invente des problèmes pour se dédouaner pour mieux nous couper. Et même si c'était vrai, il [l'État] peut couper où il veut, mais pas dans ma cour.»
Le Soleil a demandé à quatre leaders présents à la grande manifestation comment ils feraient pour s'attaquer au déficit zéro. Leurs réponses ont été désarmantes, loufoques, marquées par des lieux communs (comme taxer les riches) et par une totale ignorance des problèmes en cause.
On conçoit mieux la réaction de ces leaders et de la population qu'ils pensent défendre lorsque l'on sent leur complète inconscience à saisir l'ampleur des graves problèmes financiers du Québec. Des leaders comme ceux-là au pouvoir nous conduiraient directement dans le précipice.
Michel Fernet, ex-directeur général de la Fédération québécoise des municipalités (FQM)