L’incinérateur, un équipement vétuste à éliminer

Le Soleil révélait la semaine dernière que l’incinérateur de Québec continue de cracher des matières polluantes et potentiellement nocives pour la santé. L’échantillonnage effectué à l’automne indique un dépassement des normes environnementales en ce qui a trait au mercure, aux dioxines et aux furannes. Deux fois plus de mercure que permis, 66 fois plus de dioxines et furanes. Les 4 fours de l’incinérateur ont aussi relâché 4 fois plus de monoxyde de carbone. Un test effectué l’été dernier faisait état, par ailleurs, d’un constat troublant: le taux d’arsenic était 176 fois supérieur à la norme fixée par la Ville.

Québec est l’une des rares villes, sinon la seule, qui brûle ses déchets en son centre. L’incinérateur est un équipement vétuste qui, au fil des ans, a demandé et demande des investissements majeurs. Le Comité de vigilance de l’incinérateur fait état sur son site d’investissements de 61 millions $ (données de 2009) pour sa mise à niveau. Initialement, le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) prévoyait la fermeture de l’incinérateur en 2024, soit dans 6 ans à peine, ce qui coïncide avec la fin du contrat de vente de vapeur à la White Birch.

Le Comité de vigilance de l’incinérateur ne peut que constater qu’étant donné que la Ville de Québec n’a pas exploré d’alternatives, «il sera impossible de fermer l’incinérateur en 2024». Voilà un sujet qui aurait dû alimenter la dernière campagne électorale qui a tourné sur un seul thème (le transport en commun). La prochaine fois que le maire Régis Labeaume va vanter son programme pour verdir la ville, il faudra lui demander ses plans pour éliminer une des principales sources de pollution sur le territoire.

Donald Charette, Québec