Brittany Maynard est devenue une célébrité aux États-Unis. Dans une vidéo vue par 10 millions de personnes, la jeune femme, atteinte d'un cancer incurable, expliquait pourquoi elle voulait choisir le jour de sa mort.

Libre de mourir

En réaction à la lettre de Mme Isabelle O'Connor, mise en ligne le 14 novembre
En réaction à la lettre de Mme Isabelle O'Connor, mise en ligne le 14 novembre
Je réagis avec énergie au propos de Madame Isabelle O'Connor sur la promotion du suicide assisté.
Votre propos est fort en peurs et en affirmations douteuses. Vous me semblez manquer de respect pour tout le Québec, qui a réfléchi pendant cinq années sur les soins de fin de vie appropriés et personnalisés, et aussi sur l'aide médicale à mourir incluse dans la continuité des soins. Par cette généreuse et fructueuse réflexion collective, à travers le monde le Québec est source d'inspiration.
Vous me semblez manquer de respect pour le choix éclairé et libre de Brittany dans la manière de terminer son agonie irréversible. Revoyez sa vidéo, vue par plus de 10 millions de personnes sur YouTube : www.youtube.com/watch?v=yPfe3rCcUeQ&fea 
Cette personne de 29 ans n'a jamais voulu associer son geste au suicide, mais à son mourir médicalement assisté. Son choix est à respecter, tout comme sa terminologie choisie.
Promouvoir la sédation palliative terminale me paraît inapproprié. Cette sédation est un traitement, avec ses avantages, ses inconvénients et ses risques. Allez en parler avec les familles qui ont vu, touché, senti et ressenti leurs proches mourir pendant des jours et des jours. Madame O'Connor, jamais je ne ferai vivre cela ni à mes proches, ni à mes soignants, par respect pour moi-même et pour eux. Libre à vous d'accepter ce soin et libre à vos proches de vous accompagner ou pas dans ce soin choisi. La dignité passe d'abord et avant tout par la liberté de choix.
Quant à cette percée dite médicale, Brittany, ses proches et ses soignants en étaient au courant. À la suite de votre lettre, un médecin m'a écrit ceci : «Les chercheurs sont toujours empressés de parler de leurs découvertes - il faut savoir le temps prévu entre la première déclaration et les premiers tests cliniques : parfois des années!»
Yvon Bureau, travailleur social
consultant bénévole pour un mourir digne et libre
Québec