À Paris, une femme tient une chandelle et une affiche où il est écrit «Je suis Charlie» devant l'ambassade de la France à Berlin.

Liberté et paix

L'encre coule, se fige, au prix du sang. Que peut le crayon devant l'arme à feu?
Le journal satirique Charlie Hebdo n'était pas tendre envers les croyants, les religions, les politiciens, les vedettes.
C'est de bonne guerre dans une démocratie où l'on respecte la liberté de conscience et d'expression. Mais jusqu'où aller dans la provocation? Peut-on tout dire, tout montrer? Le débat reste à faire.
À Paris, le 7 janvier 2015, on a voulu tuer la liberté d'expression en assassinant froidement des journalistes et des innocents. Mes pensées et prières vont à eux et à leurs familles, ainsi qu'aux terroristes qui ont associé le nom de Dieu à leur idéologie guerrière. Rien de nouveau.
Mais depuis le 11 septembre 2001, on instrumentalise Dieu à outrance, en faisant une arme de destruction massive. Nous sommes loin du Jésus de la crèche et de son message de fraternité. Que faire devant un tel détournement de sens, une telle perversion de l'amour, où le dialogue semble impossible?
Continuer à croire, à espérer et à aimer, malgré la bêtise et la barbarie. Et ne pas cesser d'écrire, avec nos larmes s'il le faut, les mots «liberté» et «paix», pour honorer ce qu'il y a de plus humain en nous.
 Jacques Gauthier, auteur, Gatineau