Liberté à l’américaine

Nos voisins du sud éprouvent une grande fierté à se croire les champions de la liberté. Sans réaliser que leur conception de la liberté est plutôt paradoxale.

Les États-Unis sont capables de mettre leurs fonctionnaires en lock-out sans que ceux-ci soient en conflit de travail et en plus d’en forcer une partie à travailler sans salaire. Il y a un terme pour ça: on appelle ça des travaux forcés.

Ils sont capables d’emprisonner un pourcentage significatif de leur population mâle, avec un empressement significatif pour les gens de couleur et les personnes issues de l’immigration.

La partie la mieux nantie de la population en vient souvent à s’emprisonner elle-même dans des communautés fermées, cloturées et gardées par des agences de sécurité. Les moins nantis sont, eux, réduits à posséder des armes à feu pour se défendre des leurs ou de ceux qui sont encore moins choyés dans la hiérarchie sociale.

Pour moi, la liberté est pourtant tout autre. C’est ne pas craindre de me faire attaquer dans la rue, ne pas avoir à me barricader dans ma maison pour me protéger. C’est savoir que l’État ne pourra m’emprisonner des décennies pour un délit mineur ou me condamner à la peine de mort pour un acte répréhensible que je n’aurais pas commis.

C’est aussi savoir que les lois de mon pays interdisent le travail forcé non rémunéré. Si les États-Unis sont les champions de la liberté, alors au Québec et au Canada, nous en sommes les Dieux!

André Verville

Lévis