L’excellence doit être inclusive

Le gouvernement vient de lancer une consultation publique sur le projet de création d’un Institut national d’excellence en éducation. Le titre du document ne laisse place à aucune ambigüité sur les intentions : «Pour la création d’un Institut national d’excellence en éducation.» Étant engagé depuis plus de 25 ans dans différentes initiatives favorisant la recherche sur la réussite éducative et sa diffusion dans les milieux concernés, je me suis empressé de prendre connaissance du document de consultation. Je sors déçu de cette lecture.

La minceur de l’analyse du contexte, la faiblesse des arguments font que ce document ne soutient pas le projet qu’il propose. Dans mon esprit, tout ceci allume plus de lumières rouges que de lumières vertes. Ce qui me désole le plus dans le portrait qu’on dresse de la réussite éducative est l’absence de prise en considération de grands facteurs sociaux liés à cette réussite. Il y a quelques années, j’ai participé au comité de travail pour le Rapport sur l’état et les besoins en éducation 2008-2010 du Conseil supérieur de l’éducation. Prônant une éducation inclusive, le rapport a produit en appui des données qui ne sont pas couramment diffusées sur les «zones de vulnérabilités» de notre système d’éducation. 

On me dira que ces données datent déjà de quelques années, mais elles ont encore toute leur pertinence. En fait, ce rapport illustre les difficultés particulières des jeunes des milieux socioéconomiques défavorisés, des jeunes issus de l’immigration et des jeunes des communautés des Premières Nations. Quoi qu’on fasse dans le développement de la recherche en éducation et de sa diffusion dans les milieux, j’espère qu’on appuie toute initiative sur des bases plus solides et plus soucieuses des facteurs sociaux, prenant en considération les exclus.

Christian Payeur

Québec