L'euthanasie affective

Le mot «aimer» est riche de sens, mais oh! que nous avons de la misère à l'exprimer, et, parfois, trop tard. Que de retenues, que d'attentes. Pourtant, il est plus guérisseur de dire à son enfant et à ceux qui nous entourent: «Je t'aime». Un baume qui va droit au coeur de celui qui souffre, qui peine et qui chemine.
À l'approche du départ, sur le quai, combien de tendresse peut contenir ce mot. Et, combien de regrets de ne pas l'avoir énoncé.
Aimer contient les lettres «m», le début de «mourir», et «r», le commencement de «rester». Oui, après le départ, ce mot possède des ailes, il devient le vent de: souffler la tendresse accumulée auprès des siens, se souvenir des rires, des sourires et des souffrances portées ensemble.
Un testament sans feuilles, mais combien riche de tendresse! «Rester» avec ceux que l'on a aimés, serait-ce le meilleur de l'au-delà!...
Départ annoncé, assisté et terminé. Que restera-t-il de cet adieu physique?...
Pierrette Raymond Pelletier, Québec