L’étalon du salaire des médecins

Dans une société normale, on établirait le salaire des médecins, comme de toute autre catégorie, sur un modèle québécois, sur les besoins et les moyens de notre société. Est-il besoin de dire qu’au Québec, ces critères arrivent en dernier lieu! En revanche, il existe une obsession maladive de se conformer en tout aux salaires et aux conditions de travail régnant dans «les-autres-provinces-canadiennes». Voilà la règle, la cible obligatoire, l’accomplissement suprême! Est-il possible de manquer à ce point d’estime de soi, de conscience propre et du sens de l’autonomie que postule notre «prétendu» caractère distinct?

Sans l’ombre d’une honte ou d’une culpabilité, on dit souvent, comme si cela était notre identité, que nous sommes colonisés. Vu que la Conquête de 1760 n’a jamais été renversée, nous vivrions de fait dans un régime colonial normalisé. À cause de cela, nous ne nous concevons pas comme des sujets autonomes, nous ne nous sentons exister qu’à titre de clones du Canada anglais.

Certes, il ne faut pas s’éloigner trop de la moyenne continentale, mais celle-ci est une composante secondaire de la problématique salariale. L’étalon du salaire de nos médecins devrait être d’abord la condition de la santé au Québec et non la recherche dominante, sinon exclusive, d’une égalité qui nous conforme au Canada anglais. Voilà un petit exemple de colonialisme appliqué!

Hubert Larocque, Gatineau