Les trésors du sol québécois

Selon le registre des compagnies, Nemaska Lithium Inc. est une minière québécoise dont le siège social est situé à Québec. Son actionnaire majoritaire, qui représente plusieurs investisseurs non identifiés, est la Caisse canadienne de dépôts et de valeurs située à Toronto. Le deuxième actionnaire est TQC Group situé aux Pays-Bas (paradis fiscal?). TQC Group fait partie du Chengdu Tianqi (Group) Co, une entreprise chinoise spécialisée dans le lithium.

Les quotidiens du jeudi 31 mai dernier ont rapporté que l’État québécois investira 80 millions $ dans le capital-actions de Nemaska soit 7 % dans ce projet de 1,1 milliard $. Conséquemment, lors des versements des dividendes l’État aura droit à 7 % et les autres investisseurs à 93 %.

Si Québec reçoit des redevances, elles seront calculées d’après les données déclarées par la compagnie, selon un mécanisme complexe basé sur la production et la valeur du minerai à «la tête du puits», déduction faite de dépenses diverses dont les frais d’exploitation. Le taux de redevances minières au Québec varie entre 1,5 % et 4,5 %.

Le projet créera 300 emplois permanents. C’est peu comparativement aux 350,000 travailleurs des institutions publiques québécoises. Mais s’il est bien de créer des emplois, il faudrait d’abord savoir si une gestion efficace des richesses nationales n’en rapporterait pas autant tout en garantissant aux Québécois une rentabilité beaucoup supérieure. Sinon, le sol devrait garder ses trésors.

Jean-Marie Desgagné, Québec