Les contribuables à plus faible revenu qui n'ont tout simplement pas la capacité économique d'investir dans un CELI et de profiter de cette subvention de l'État, plaide l'auteur.

Les super CELI : le pouvoir de l'argen

Quelle est la principale différence entre le REER et le CELI? On pourrait mentionner le fait qu'on peut retirer de l'argent du CELI et le remettre plus tard, pour s'acheter une auto comptant par exemple.
Mais il y a une autre différence fondamentale : le REER s'accumule selon les salaires ou les gains d'entreprises actives qu'on a reçus. Comme on n'a pas cette contrainte avec le CELI, un riche peut non seulement se créer pour lui-même un abri fiscal qui va accumuler des sommes considérables, mais il peut en créer pour sa conjointe, pour ses enfants, pour ses petits-enfants. Bref, pour n'importe quelle personne à qui il veut léguer une partie de sa richesse.
Pensons à une famille de trois enfants adultes. Avec le nouveau budget fédéral, pour cinq personnes, c'est 50 000 $ par année qui pourraient partir en abri fiscal pour générer des revenus exonérés et procurer à long terme du capital se chiffrant en millions grâce aux revenus du riche patriarche.
Un grand soulagement pour ce type de riches est qu'ils n'auront plus à courir les paradis fiscaux avec le risque de se faire prendre en défaut. Le Parti conservateur vient de leur donner un paradis fiscal local et légal sur un plateau d'argent. Il en est de même pour le fractionnement de la richesse et des revenus, une mesure qui constitue normalement de l'évitement combattu par les autorités fiscales.
L'argument que l'impôt a déjà été payé sur cet argent est très théorique. Il y a bien des façons de gagner ou de recevoir de l'argent sans qu'une portion normale d'impôt en ait été perçue à la base. Et puis l'impôt est basé sur le gain et non sur le principe de blanchir son capital pour exonérer le revenu futur.
Ce n'est sûrement pas les contribuables au revenu médian qui pourront tirer un grand avantage de ce programme. Par contre, ce sont eux qui finiront par payer les cadeaux fiscaux consentis aux riches.
Jeannot Vachon
Québec