Les retombées des croisières

Les plaidoyers des environnementalistes entendus à l’émission «TLMP» du 14 octobre dernier contre les activités génératives de réchauffement de la planète et contre la surconsommation tranchent littéralement avec les récents prêches des autorités municipales et portuaires de Québec pour les navires de croisières.

Amarrés aux longs quais du Conseil des Ports nationaux du Canada — que les gens de cet organisme veulent rallonger afin d’accueillir plus de navires —, ces derniers brûlent le fioul nécessaire à maintenir les services internes. Stationnés dans les rues de la basse-ville, les autocars attendent en file les touristes pendant que d’autres se fraient lentement un chemin à travers les piétons, utilisant au besoin les trottoirs aux intersections.

Avec les véhicules automobiles et les exhalaisons d’essence et de diesel présents partout, on assiste à la combustion du pétrole à son meilleur. Et si un hôtelier du Vieux-Québec se plaint que sa clientèle est absente, victime de l’encombrement dans ce secteur, on lui fait, ad hominem, les gros yeux disant qu’il est le seul à se plaindre. À l’hôtel de ville, on exulte plutôt à la pensée des retombées économiques associées aux croisiéristes sans toutefois s’appuyer sur des analyses indépendantes pour en démontrer la rentabilité.

Jean-Marie Desgagné, Québec

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TAILLEFER À L'AFFÛT

Avant la cérémonie d’assermentation des députés libéraux à l’Assemblée nationale, l’ex-président de la campagne électorale des libéraux, Alexandre Taillefer, a ouvert une brèche dans la position des libéraux eu égard aux signes religieux en avançant l’idée d’interdire le port de signes religieux chez les personnes ayant des pouvoirs de coercition, comme le préconisait le rapport Bouchard-Taylor, alors que la position des libéraux est d’obliger le «visage découvert» dans les interactions entre les citoyens et les représentants de l’État québécois.

Par ailleurs, lors d’une récente rencontre avec les médias, M. Taillefer n’a pas caché que ses réflexions actuelles n’excluent pas la possibilité de se présenter à la chefferie du Parti libéral du Québec au prochain congrès qui sera appelé à désigner un successeur à Philippe Couillard.

À mon point de vue, Alexandre Taillefer, dont l’ambition personnelle n’a jamais été mise en doute, est à l’affût tel un renard qui attend les circonstances propices pour sauter sur sa proie. C’est son droit.

Toutefois, si sa candidature éventuelle n’obtient pas davantage de succès que la campagne électorale des libéraux dont il était le président, je suis d’avis qu’il risque de revenir bredouille de sa «chasse».

Henri Marineau, Québec