Les réseaux «asociaux»

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
Les réseaux sociaux incarnent aujourd’hui sans contredit le canal de communication privilégié, notamment chez les jeunes. Les messages qu’on y lit oscillent régulièrement entre mensonge et vérité au grand dam des utilisateurs qui se retrouvent très souvent en position de déséquilibre malsain.

S’ensuit un mouvement d’agitation intense, un maelstrom qui entraîne les internautes irrésistiblement. Les esprits sont gonflés à bloc par un message qui, très souvent, traduit un malaise social duquel on doit se défaire pour aspirer au «bonheur quasi extatique».

Et, dans ce monde sublimé, les utilisateurs ont la certitude que les réseaux «asociaux» représentent la porte d’entrée du savoir, communiquée par des gourous qui se délectent de l’idolâtrie dont on les encense. Les réseaux «asociaux» sont devenus aussi des tribunaux du peuple, lesquels accusent, condamnent et surtout détruisent des innocents, impuissants à affronter les barbares dépendants d’une technologie envahissante.

Les réseaux «asociaux» sont de plus des instruments malicieux qui exercent sur leurs ouailles une influence perverse. Imbus de la puissance de leur diffusion interplanétaire, ils transforment leurs victimes en robots serviles. Enfin, les réseaux «asociaux» sont des porte-voix qui claironnent la haine et la vengeance, les plus dévoyés se complaisant à emberlificoter les plus vulnérables.

En cette période de pandémie, nombreux sont ceux qui sont sous le joug de la fragilité et de la dépendance, un contexte des plus favorables, hélas, pour les «rois et maîtres» des réseaux «asociaux»!

Henri Marineau, Québec