Les poêles de la discorde

J’habite sur l’avenue Moreau à l’angle de la rue de Port-Royal. Je suis encerclé de six propriétaires qui utilisent des poêles à bois à une distance de moins de 60 mètres de chez moi. Durant les weekends et lors de soirées froides, il y en a souvent quatre en opération, la fumée de leurs cheminées rend infecte l’air qui environne ma maison ainsi que celles des voisins.

Voici que dimanche, je suis sorti en soirée pour pelleter, mais j’ai dû rentrer après quelques minutes, car l’air autour de ma maison était très fortement pollué par la fumée de la cheminée de mon voisin de la rue de Port-Royal. Je lui en ai parlé et sa réaction a été de me dire que je devais tolérer ce désagrément par souci d’entretenir une relation de bon voisinage. Pour lui, la fumée générée par son poêle au bois soufflée chez le voisin n’est pas un paramètre qui doit affecter le bon voisinage. Ça s’est terminé par une engueulade entre un jeune nouveau propriétaire ne pouvant se passer de la jouissance que lui procure un feu de bois et un vieux grognard qui habite le quartier depuis 55 ans et qui veut protéger la qualité de l’air autour de sa maison. Je présume qu’il doit y avoir beaucoup de ces «poêles de la discorde» sur le territoire de la ville. Il n’y a pas seulement l’air de Limoilou qui est pollué.

Robert Ledoux

Québec