Selon la présidente de l'Ordre des infirmières, Lucie Tremblay, ces nouvelles mesures permettraient d'améliorer l'accès aux soins de santé et de diminuer les temps d'attente dans les urgences et les cliniques médicales.

Les infirmières de demain

Monsieur le Ministre de la Santé,
Je ne comprends pas que vous disiez non à un mémoire étoffé qui démontre la nécessité d'agir tout de suite pour préparer la relève de demain.
Je ne comprends pas que vous ne preniez pas en compte les défis de santé soit: les multiples pathologies, les soins de plus en plus complexes, le vieillissement de la population, le suivi des maladies chroniques incluant la santé mentale, le maintien des patients dans la communauté par le renforcement de la première ligne et enfin le développement accéléré des connaissances scientifiques et technologiques.
Je ne comprends pas que vous restiez sourd au fait qu'au Québec, il y ait un décalage de plus de 2500 heures de formation avec le reste du Canada.
Je ne comprends pas votre ignorance du fait que la formation de niveau collégial ne prépare pas les infirmières à oeuvrer dans des soins critiques ainsi qu'en santé communautaire alors que la majorité des soins de 2020 seront dispensés dans ces milieux.
Je ne comprends pas que vous oubliez l'évolution du rôle de l'infirmière dans la gestion des équipes de soins et de coordination au sein des équipes interdisciplinaires formées de professionnels de niveau universitaire.
Je ne comprends pas que vous occultiez les coûts faramineux de formation continue dispensés chaque année aux infirmières par les établissements.
Je ne comprends pas que vous fassiez fi des appuis reçus de différents établissements de santé et de services sociaux du Québec.
Je ne comprends pas que vous demandiez une nouvelle fois de définir les tâches des infirmières détentrices de formation collégiale et universitaire. Le patient souhaite simplement des infirmières capables de répondre à ses besoins.
Je ne comprends pas que, chiffre à l'appui, prouvant qu'il n'y aura pas de pénurie ni d'augmentation des coûts du budget de santé, vous ne puissiez arriver à un consensus avec les acteurs des milieux syndicaux et des milieux de formation. La voie semble toute tracée par la formation DEC-BAC et l'internat.
Je ne comprends pas qu'au nom de la qualité et de la sécurité des soins ainsi qu'une accessibilité accrue au réseau, vous ne puissiez prendre la décision de la refonte de la formation et, par le fait même, revaloriser ainsi une profession qui a trop longtemps été considérée comme une vocation.
Vraiment, je ne comprends pas, monsieur le ministre, car vous manquez une belle occasion de contribuer à améliorer la situation des patients et d'un réseau de soins de santé qui en a bien besoin.
Thérèse Pelletier, retraitée, ancienne directrice des soins infirmiers du CHUQ de 2007-2012