Le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau a été au pouvoir de 1920 à 1936.

Les gènes du PLQ

Amir Khadir n'a pas tout à fait raison, Charest n'est pas le «premier suspect». Les moeurs électorales du PLQ datent du temps d'Alexandre Taschereau au moins. Pendant son règne de 16 ans comme premier ministre du Québec, il s'est donné les moyens financiers d'«acheter» ses élections en siégeant au conseil d'administration de compagnies qui renflouaient, à se demande, la caisse du parti. C'est la corruption qui l'a forcé à démissionner en 1936 pour céder la place à l'agronome Adélard Godbout.
À partir de ce moment jusqu'en 1970, l'ADN du PLQ a muté. L'arrivée de Robert Bourrassa en a révélé la nouvelle mouture. L'État était devenu un magasin où tout mandat pour des services comme ceux d'ingénieurs devait être «acheté», on venait nous le dire dans nos bureaux. Deux ans après son élection, la perversion était la règle.
René Lévesque, pendant son règne de 1976 à 1985, a bien tenté de mettre en place un système informatisé pour éloigner des politiciens l'octroi des mandats. Mais de petits futés ont réussi à le contourner. À son retour en 1985, Robert Bourrassa n'a rien fait pour empêcher la bête de revenir. Enfin, nous avons assisté en 2003 au retour à l'Assemblée nationale du PLQ dont les gènes devaient orienter les pratiques et les habitudes.
Jean-Marie Desgagné, Québec