Les feux en Amazonie, fait divers dans l’histoire de la Terre

L’ONU et le monde font grand cas des feux de forêt en Amazonie, apparemment susceptibles de priver l’humanité tout entière de son «poumon» qui représenterait 20% de la production mondiale d’oxygène. Fait divers pour la Terre.

Les arbres et la végétation ont un cycle du carbone inversé par rapport aux humains. Ils bouffent du carbone et produisent de l’oxygène toute leur vie et remettent le carbone qu’ils ont accumulé en circulation quand ils meurent, le résultat net à l’échelle planétaire étant légèrement positif parce qu’une partie de ce carbone va rester enfoui dans le sol. Les feux de forêt, quant à eux, interompent momentanément ce cycle et annulent des dizaines d’années de travail végétal en remettant instantanément le carbone emmagasiné dans les végétaux en circulation dans l’atmosphère. C’est un peu pour ça que les humains ne sont pas contents: en quelques mots, actuellement, c’est la dernière chose dont eux ont besoin.

Parce que les humains, eux, font tout le contraire des végétaux. Ils consomment de l’oxygène et émettent du carbone tout au long de leur vie et ne cessent de le faire qu’à leur mort. Et en plus, ils s’ingénient à forer le sol pour y trouver les restes de carbone qui y ont été patiemment enfouis par les végétaux depuis des millions d’années pour le brûler et le remettre en circulation dans l’atmosphère.

Et si leur nombre n’avait pas explosé depuis les dernières décennies, les humains ne se seraient peut-être pas mis à bouffer et couper toute la végétation qui les entoure, quelquefois pour la faire bouffer à son tour par des animaux d’élevage.

Mais la Terre en a vu d’autres. Elle va lentement s’activer à de se débarrasser un jour de cette espèce envahissante en lui coupant les vivres et en lui faisant vivre un enfer. Elle vient tout juste de commencer d’ailleurs, mais elle a des millions d’années pour y arriver et elle prendra tout son temps. Reste à voir si elle devra se rendre au bout de l’exercice et attendre que l’espèce humaine disparaisse. À moins que cette dernière prenne un jour son trou: elle est apparemment dotée d’une forme d’intelligence. Mais collectivement, cette intelligence n’irait même pas à la cheville de celle d’une colonie d’insectes. On sera bientôt fixés, enfin dans quelques siècles tout au plus et ce n’est rien à l’échelle de la planète.

Le passage de l’espèce humaine et son explosion démographique deviendront peut-être des faits divers à leur tour, quelques millions d’années plus tard...

André Verville

Lévis