Carrefour des lecteurs

Les «documents évolutifs»

Même si elle était employée de l'État, la vérificatrice Annie Trudel s'est fait servir au ministère des Transports du Québec une médecine que les consultants qui ont travaillé au gouvernement connaissent malheureusement trop bien. Depuis l'avènement du traitement de texte et la découverte de la fonction «révision», il n'est plus possible de produire un document sans qu'il passe par d'innombrables étapes de nettoyage et de réécriture par des tiers qui vont souvent aussi loin qu'en changer les conclusions.
Quand un document ou un rapport est simple et direct, mais qu'il a le malheur de faire mal paraître une personne, une méthode ou une politique; il restera coincé dans la machine à saucisse des révisions et se transforme en quelque chose que son auteur aurait de la difficulté à reconnaître. C'est devenu un sport national, qui consomme une partie significative des ressources humaines. Des fois, on se demande si le retour à la machine à écrire ne générerait pas des économies dans certaines officines gouvernementales!
André Verville, Lévis